Localization Decoded Épisode 1

Construire un processus de localisation efficace avec Soeren Eberhardt de Microsoft

Dans cet épisode, Stefano Bernardi, cofondateur de Redokun, discute avec Soeren Eberhardt de Microsoft à propos de sa longue carrière dans l'industrie linguistique. Soeren partage ses idées sur la façon de relever les défis liés à la création de contenu pour des marchés variés, les outils et stratégies pour gérer de gros projets, les leçons tirées des erreurs passées, et le rôle de l'IA dans la localisation.

[00:00:00] Interview avec Soeren Eberhardt de Microsoft

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Stefano: D'abord, merci beaucoup d'être là et de nous permettre d'échanger avec toi.

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Soeren: Oh, avec plaisir.

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Stefano: Et ma première question : est-ce que tu peux te présenter en tant que personne, au-delà de ton expertise dans le secteur des langues ?

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Soeren: Ce que je dis toujours, en fait, c'est que travailler pour Microsoft, c'est mon deuxième boulot. Mon premier boulot, c’est d’être papa et père de famille. J’ai deux garçons de 16 et 13 ans, donc les ados ont besoin d’un peu moins d’attention que les tout-petits. Ils ont besoin d’un autre type d’attention. Et ma carrière de papa de footballeur, dont j’étais fier, vient de se terminer parce que mon plus jeune a décidé qu’il ne voulait plus être gardien de but.

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Soeren: Il veut jouer au football américain au lieu du sport mondialement connu sous le nom de football. Mais je m'égare. Donc ça, c'est clairement une partie importante de ma vie. Et ouais, j'ai aussi deux chats et deux chiens. Et parfois j'ai l'impression que les chats demandent plus d'attention que les chiens. Alors que les chiens, eux, il faut les sortir.

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Soeren: Ouais. Et [00:01:00] j'adore lire. J'adore voyager. Et je voyage avec mes garçons, avec chacun d'eux une année sur deux. C'est une des choses que j'ai mises en place quand mon aîné avait six ans. Donc il y a plus de 10 ans, on est partis ensemble en road trip. Et là, on s'est rendu compte que c'était vraiment trop cool.

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Soeren: Donc la dernière fois... Le grand voyage que j’ai fait avec mon plus jeune, c’était au Japon, où je n’étais jamais allé, et c’était vraiment génial. Et c'est sympa de voyager avec des enfants parce que tu vois les choses... ...sous un nouvel angle, encore une fois. Parfois, surtout que j’ai déjà voyagé, à la fois pour le plaisir et pour le travail. À un moment, surtout quand tu voyages pour le travail, il arrive que tu ne regardes plus les choses avec autant d’enthousiasme.

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Soeren: Mais ouais, à l’époque il avait 12 ans, et voyager avec un enfant de cet âge à travers le Japon, c’était absolument génial. Maintenant, je n’aurais probablement pas autant cherché de mangas et d’animes que je le fais avec un [00:02:00] enfant à la maison. Voilà, juste quelques mots sur moi.

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Stefano: Si tu viens en Asie, fais-moi signe. J'ai plein de recommandations.

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Stefano: J'ai aussi vu que tu as écrit un livre, The Little Book of Languages, ou peut-être plusieurs, c'est ce que j'ai trouvé. C'est super intéressant. Je l'ai déjà dans mon panier Amazon, prêt à commander. J'ai remarqué aussi que tu partages plein de choses sur LinkedIn. Tu as bien sûr créé beaucoup de contenu lié aux langues.

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Stefano: Où est-ce que les gens peuvent le mieux te suivre ?

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Soeren: LinkedIn, c'est là où je poste des trucs. Ouais. Et j'adore écrire sur la langue. Je me suis rendu compte qu’il y a vraiment beaucoup de sujets dans l’actualité. Et je pense que, pour les professionnels du secteur des langues, il y a énormément de sujets différents. C'est vraiment un domaine super intéressant où il y a de la technologie et...

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Soeren: On pourra parler des évolutions technologiques plus tard. Il se passe tellement de choses rien que dans le domaine des outils. Et puis [00:03:00] il y a la langue elle-même. Je dis toujours qu'en fait, on bosse sur l'un des meilleurs "problèmes" à avoir : on a différentes langues et différentes cultures, et franchement, je ne considère pas vraiment ça comme un problème.

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Soeren: Je trouve ça vraiment super beau. Et rien que d’en apprendre plus sur ces différences, c’est génial. Mais après, il faut aussi bosser pour combler ces écarts. C'est ça notre défi, non ? C’est ça, le problème lui-même. Et ouais, tu peux pas combler un fossé que tu ne comprends pas. Donc comprendre simplement les différentes cultures et langues, je pense que c'est super utile.

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Stefano: Oui, je le vois rien qu'avec l'anglais : quand tu voyages et que tu vas à Singapour, tu vois direct que les gens là-bas parlent un anglais différent de celui du Royaume-Uni, tu le ressens si tu y vis un peu. Qu’est-ce qui, au fond, dans la société, rend l’anglais si différent de celui qu’on parlait en Europe, par exemple ? C’est vraiment intéressant.

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Stefano: J'ai remarqué que tu as mentionné dans d'autres interviews [00:04:00] que vous... Votre équipe se concentre sur la production de contenu pour 39 langues. Bien sûr, il y a bien plus de 39 marchés. J’ai entendu dire que tu t’occupes davantage du marketing. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur ton travail chez Microsoft, et peut-être aussi sur ce que tu aimes dans ce travail ?

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Soeren: Oui, entre-temps, j'ai changé de poste et maintenant je bosse avec un partenaire. Donc je ne travaille plus sur ce projet de localisation, mais je peux en donner les grandes lignes... Oui, on bossait sur des pages marketing pour vendre Microsoft 365, et comme tu l'as dit, c'était pour 39 langues dans plein de marchés différents.

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Soeren: Et en fait, ce qui est cool là-dedans, c'est que quand tu vends des produits, tu peux vraiment voir ton impact. Je pouvais voir combien on vendait sur chaque marché. On pouvait aussi voir les pages web. On pouvait aussi, avec les pages web... Tu peux voir l'engagement. Tu peux voir où les gens cliquent, ce que les gens [00:05:00] aiment.

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Soeren: Donc tu dois être hyper concentré sur l'optimisation pour chaque marché. Tu devrais, si tu veux faire mieux. Et j’ai dirigé le programme d’expérimentation pour tous nos marchés, ce qui voulait dire que je faisais beaucoup de tests. Pour ceux qui ne connaissent pas forcément le concept de test A/B...

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Soeren: Donc ouais. En gros, tu ne changes rien et tu as une variante, ou peut-être même plusieurs, où tu modifies quelque chose pour voir si ça confirme l’hypothèse que le comportement de tes utilisateurs va changer. Donc on essayait des trucs où on changeait juste le message du titre sur une page et on se disait, ok, pour les marchés émergents comme le Mexique et le Brésil, peut-être que les gens sont plus intéressés par cette

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Soeren: fonctionnalité de toute la suite qu'on propose, et au lieu de traduire le titre anglais, on en crée un nouveau pour ces marchés et on regarde : est-ce que ça change vraiment combien de gens achètent ? Et c’est ce qui s’est passé. Donc [00:06:00] c'était un test réussi. Et même si je ne devrais pas dire que les autres tests n'ont pas marché, tu apprends toujours quelque chose, donc c'est toujours un succès.

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Soeren: Mais bien sûr, on a aussi eu des tests où ça ne s'est pas passé comme prévu. Et on se disait, ok, on a essayé de changer le comportement. Non, ça n'a pas marché. Mais ouais, c'était vraiment super intéressant. Juste voir comment tu peux faire des changements précis. Par exemple, pour certains marchés européens, on mettait en avant que tous les produits aident à respecter le RGPD. Évidemment, pour les États-Unis, on n’avait jamais à penser à cela : les petites et moyennes entreprises auxquelles on vendait n’avaient pas à y penser. Enfin, elles devaient penser à la protection des données, mais pas sous l’angle des réglementations européennes.

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Soeren: On testait toutes ces différentes modifications sur les pages. Donc on avait du contenu différent selon les marchés. Et on avait effectivement des gens présents sur ces marchés. Donc j'avais toujours un contact avec nos filiales pour avoir des retours en plus. C'était vraiment super, super utile. Donc il ne s’agit pas juste de faire [00:07:00] traduire ou localiser les contenus, mais d’aller plus loin, d’ajouter du contenu et peut-être d’en raccourcir ailleurs. Ouais, présenter le contenu différemment pour qu’il convienne vraiment à chaque marché. Et je sais que c'est un luxe que toutes les boîtes ne peuvent pas se permettre, hein ?

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Soeren: Il faut vraiment s’investir dans ce genre de choses. Mais je pense qu'il y a plein d'opportunités, même à plus petite échelle que ce qu'on a fait.

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Stefano: En fait, je voulais prendre un peu de recul pour être sûr qu’on puisse apporter un peu... Peut-être juste pour ceux qui ne bossent pas forcément avec ces technologies avancées, on va dire.

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Stefano: Du coup, ma première question était probablement : quelles sont les stratégies clés pour gérer une grande quantité de traductions, tu vois ? Est-ce que toutes ces personnes qui bossent sur ce projet, qui est évidemment énorme...

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Soeren: Je pense, ouais, qu’il y a tellement d’aspects différents là-dedans. Comment tu t’assures que... D’abord, les outils sont évidemment importants. Et [00:08:00] je pense vraiment qu’aujourd’hui, le secteur des langues dispose de très bons outils, fiables.

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Soeren: Tu ne devrais pas avoir à trop te prendre la tête avec ton pipeline de traduction. Je sais que j’ai été gâté chez Microsoft, parce qu’une grande partie de cela était quasiment entièrement automatisée. Je n’avais pas à me soucier de transmettre des fichiers à quelqu’un, par exemple, ça partait automatiquement. Ce n'est pas donné à tout le monde, ça.

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Soeren: Mais bon. Plus tu peux t’assurer que tes outils fonctionnent bien, moins tu as à t’en préoccuper. Aussi, il faut que tes traducteurs ne soient pas trop perturbés par des outils qu'ils ne savent pas utiliser. Et le deuxième volet, c’est évidemment la formation de tout ton écosystème, tu vois ?

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Soeren: Donc Microsoft a, pardon, par exemple on a un site avec tous nos guides de style. On a une grosse base de données terminologique. Donc vraiment donner aux traducteurs les bonnes indications sur la manière de [00:09:00] traduire. Et ce n’est pas seulement une question de règles linguistiques habituelles, tu vois ? Tu veux expliquer aux gens : voilà notre ton de marque.

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Soeren: Voilà comment on veut être perçus. Et il faut vraiment s’assurer que, même avant de commencer un projet, les gens aient toutes les informations nécessaires, ainsi que les informations sur ce que tu... localises, quel que soit le thème, quel que soit le sujet. Quand tu regardes, par exemple, un produit précis, est-ce qu’il y a des supports complémentaires que tu peux fournir aux gens ?

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Soeren: Et je sais que pour les traducteurs c'est un peu du boulot en plus, mais au final ça leur simplifie la vie, non ? Ils doivent investir... du travail en amont pour assimiler le contenu. Donc il faut aussi que ce soit concis. Et j'ai bossé sur la stratégie de qualité linguistique il y a quelque temps, quand j'étais dans une autre équipe chez Microsoft, et on faisait par exemple des réunions de lancement où on invitait les personnes clés des équipes de traduction pour leur parler du produit qu'on allait localiser avec eux.

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Soeren: À l’époque, je bossais sur Microsoft Teams, au [00:10:00] tout début. Pour la localisation, on a commencé avec 18 langues et... Je voulais avoir l'occasion d'expliquer aux gens ce que c'était, ce truc. Qu'est-ce que ça peut faire ? Et voilà quelques-unes des fonctionnalités principales. Bien sûr, tout le monde doit signer un accord de confidentialité pour ce genre de choses.

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Soeren: Leur parler d'un nouveau produit, tu vois ? Mais ça, c'est la norme dans l'industrie. Donner aux gens quelques infos à garder en tête pour qu'ils comprennent bien que c'est plus que juste écrire sans fautes et sans coquilles.

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Soeren: Je dois aussi réfléchir à la façon dont les choses doivent être perçues. Et je sais aussi, ok, voilà les fonctionnalités, je comprends de quoi il s'agit. Il y a moins de risques de mauvaises traductions.

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Stefano: Oui, j'imagine à quel point ça a dû être un défi de traduire Microsoft Teams et tout ce qui va avec, parce que la croissance que vous avez eue avec cet outil était impressionnante.

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Stefano: Donc je me dis que la vitesse à laquelle l’équipe a dû travailler sur [00:11:00] tout ce qui allait avec a dû être vraiment difficile à tenir. Est-ce que tu pourrais décrire ce que c'était... Ton déroulement habituel, le processus typique dans ce genre de projets très complexes, s’il existe un processus habituel. Parce que

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Soeren: Ouais. C'est compliqué parce que c'est très différent de localiser un projet bien défini ou d'avoir une localisation continue, tu vois ?

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Soeren: Pour la toute première version de Teams. C'était beaucoup plus traditionnel : tu prends les fichiers, tu les envoies aux gens et tu peux leur donner toutes ces infos de départ lors d'une réunion de lancement, genre "on démarre maintenant". Et tu as une phase de relecture plus approfondie.

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Soeren: Oui, tu demandais comment se déroule le projet, donc tu devrais avoir... Une étape de contrôle qualité à un moment, où, même si tu ne peux pas tout relire, tu veux examiner un échantillon pour savoir quel est le niveau de [00:12:00] qualité. On essaie aussi de le confier à des locuteurs natifs pour relecture.

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Soeren: Donc en gros, après la traduction, tu as aussi une base. Et puis évidemment, on a aussi fait pas mal de tests de localisation. Donc il faut vraiment avoir ces phases de projet bien distinctes. Donner les fichiers aux traducteurs, les récupérer, faire relire les versions localisées, mais aussi les tester.

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Soeren: Gérer tous les correctifs de bugs et rattraper les éventuelles mises à jour côté source. Pour la localisation continue, ça se passe vraiment différemment, non ? Si tu continues à travailler sur un projet, sur un produit, cela ressemble de moins en moins à un projet. Tu as ces mini-phases, mais où tu places l’assurance qualité maintenant ?

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Soeren: Donc tu peux faire ça en continu, mais tu sais que... Tout ce que tu trouves, c’est peut-être déjà dans le produit. Tu auras peut-être besoin d’impliquer un peu plus tes utilisateurs et de voir si tu peux obtenir leur retour. Mais il faut aussi être très agile dans la [00:13:00] correction des bugs. Donc tout se passe plus en parallèle.

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Soeren: Donc, en tant que chef de projet, ça peut être vraiment difficile de s’y retrouver. Ah, tu n’as plus ces phases distinctes. Maintenant, tu les superposes. Et du coup, tu fais quoi à quel moment, tu vois ? Donc tu peux avoir une semaine où tu te concentres sur la qualité linguistique, tout en travaillant davantage en parallèle. Tu dois toujours envoyer des fichiers ou des chaînes de texte à tes traducteurs, mais tu te dis : « Ils travaillent là-dessus, et nous avons une semaine de relecture, puis la semaine suivante, nous corrigeons tous les problèmes trouvés pendant cette relecture. »

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Soeren: Même si on sait qu’ils sont déjà dans le produit, on continue quand même. Avec ça en parallèle, il faut, ouais, il faut juste changer un peu ta façon de penser pour cette localisation continue.

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Stefano: Mais tu as parlé de relecture, donc on a discuté au début de ce qui change quand on traduit quelque chose.

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Stefano: J’ai vu aujourd’hui que tu avais publié quelque chose sur LinkedIn, ou c’était hier, [00:14:00] aujourd’hui pour moi, probablement hier pour toi, mais j’ai vu que tu... Tu as posté ou partagé un article sur les faux amis, on va dire. Donc des mots qui veulent dire quelque chose en anglais, mais qui, dans d’autres cultures, ne sont peut-être pas des mots très sympas, on va dire.

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Stefano: Alors, qui s’occupe de ce contrôle pour toi ? À ton avis, qui est le mieux placé pour relire ton contenu et s’assurer que ces problèmes culturels... ne se retrouvent pas dans tes

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Stefano: traductions.

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Soeren: Tu peux avoir plein de niveaux différents pour contrôler, tu vois ? Tu peux avoir un processus de relecture par les pairs où un traducteur traduit et un autre vérifie ou relit immédiatement.

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Soeren: En fait, c’est... comme ça que j’ai commencé ma carrière dans la localisation il y a longtemps. Et mon poste s’appelait copy editor. Je relisais juste les traductions [00:15:00] des autres. À un moment, c’est devenu tellement ennuyeux que j’ai décidé... enfin, pas si ennuyeux que ça. J’étais plutôt frustré. Et je me suis dit, je vais traduire moi-même.

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Soeren: Je me disais, je peux faire ça mieux qu’eux. Ce qui n’était pas vrai parce que, bien sûr, les relecteurs trouvaient des choses. Tu peux aussi avoir un relecteur neutre, ou en ajouter un à ce dispositif. Et chez Microsoft, on a eu plein de modèles différents, parfois c’était le prestataire qui gérait ça en interne, ils avaient juste une autre équipe, tu vois ?

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Soeren: Et on disait, bon, on vous laisse gérer, mais il faut quand même des gens qui relisent à un moment, et comme j’ai dit, si t’as beaucoup de contenu, tu dois peut-être juste prendre un échantillon, tu vois ? Et puis il y a toutes ces méthodologies de catégories d’erreurs, tout un cadre qualité, le TOWS S1, le cadre TOWS DQ.

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Soeren: On dit, voilà les différentes catégories d’erreurs que les gens font. Et puis tu as aussi la gravité. C’est grave à quel point ? Il y a [00:16:00] longtemps, quelqu’un a vraiment traduit Windows systématiquement par le mot portugais pour « fenêtres » en portugais brésilien. Et ça, évidemment, c’est bien pire, non ?

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Soeren: Quand tu fais tout simplement disparaître la marque. Et ouais, ces différentes catégories, et j'ai toujours trouvé que c'était utile d'avoir aussi un processus d'arbitrage intégré pour que les traducteurs comprennent ce qu'ils ont mal fait, parce que tu veux pas juste corriger les problèmes, tu veux aussi donner ce retour.

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Soeren: Et puis évidemment, t'as aussi un moyen de mesurer si tu normalises par rapport à mille mots et tu peux calculer un score, et ça, c'est un truc qu'on faisait très régulièrement. Donc ça fait deux niveaux. Et puis bien sûr, il y a aussi tes utilisateurs. Donc tu peux, mais on ne devrait pas aller voir les utilisateurs tout de suite parce que parfois t'as des relecteurs internes qui ne sont pas forcément impliqués dans le produit, comme chez Microsoft.

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Soeren: Par exemple, on a des communautés de locuteurs natifs. Parfois on me demande si mon allemand est encore assez bon. Je dis toujours, j'ai plus envie de traduire maintenant. Je perds le contact avec le marché, mais je peux quand même vérifier [00:17:00] un produit et voir si globalement c’est correct. Donc je peux regarder les traductions et aussi utiliser le logiciel, un nouveau produit dans sa version dans ma langue.

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Soeren: Donc si t'as ça. Je sais que parfois les entreprises utilisent ça comme tout premier processus de relecture et demandent simplement à des locuteurs internes. Il faut faire un peu attention parce qu’à un moment, ils se fatiguent et se disent : « Hé, j’ai un autre travail à temps plein. » Je peux pas tout le temps faire du bénévolat pour ton équipe de localisation.

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Soeren: Mais c’est clairement quelque chose dont tu peux tirer parti. Et bien sûr, plus la boîte est grande, plus c'est facile de répartir ce travail. Et c'est ce qu'on a fait. Dans l'équipe marketing où je bossais, on avait des contacts dans les filiales et pour les pages qu'on venait de mettre en ligne, quand on disait "Hé, on veut faire la promo de ce nouveau produit".

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Soeren: On avait une toute nouvelle page, on allait voir les filiales et on leur disait : « Hé, pouvez-vous trouver des volontaires pour jeter un œil à ça ? » Ils relisaient et nous donnaient leur retour [00:18:00], donc c’est aussi un bon processus. Si tu... Si t'as des gens que tu peux mobiliser pour ça. Et puis l'étape suivante, c'est que tes utilisateurs sont prêts à donner leur avis.

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Soeren: Souvent, c'est juste qu'il n'y a pas de moyens pour donner un retour, non ? Si tu trouves une erreur sur une page web Microsoft, tu t'adresses à qui ? Ah, ce n’est pas comme si tu pouvais simplement taper localization [email protected] et leur envoyer un e-mail. Mais heureusement, on a des moyens de recueillir des retours. On a même des sondages.

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Soeren: Mais maintenant, de plus en plus de pages web ont un pouce en l'air, un pouce en bas ou un autre système pour dire aux gens "hé, y'a peut-être un souci", mais le problème c'est que souvent tu reçois des retours où les gens râlent sur des fonctionnalités du produit, un truc qui n'a rien à voir avec la traduction, tu reçois plein de bruit et on l'a vu avec nos produits Office, que dans le produit...

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Soeren: On lançait un sondage et [00:19:00] beaucoup de plaintes ne concernaient pas du tout la localisation, mais d’autres choses. Et c'est intéressant aussi, mais il faut filtrer tout ça et évidemment tu reçois plein de retours dans d'autres langues que l'anglais. Ouais, tu devras peut-être passer cela par la traduction automatique pour avoir au moins une idée de ce dont les gens se plaignent, puis traiter ces retours. Et cela peut représenter pas mal de travail à lui seul.

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Soeren: Tu dois voir ce que tu peux faire. C'est un truc qui est entre tes relecteurs internes et tous les utilisateurs. Si tu peux te permettre d'avoir des bêta-testeurs pour un produit, et j'avais pas encore parlé des tests de localisation spécifiques. Si t'as des locuteurs natifs et que tu leur donnes l'expérience complète, parfois ça peut être rémunéré.

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Soeren: Mais tu peux, évidemment, il y a des produits, surtout les jeux par exemple, si tu donnes aux gens un accès anticipé, ils seront contents et prêts à te donner un retour sur la traduction, par exemple. Donc ça, c'est toujours une option aussi. Donc t'as tous ces différents [00:20:00] cercles possibles de relecteurs, testeurs qui regardent tes versions localisées.

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Stefano: Je vois vraiment que t'es passionné par ton taf, désolé, et j'ai compris ce que je dois faire si je trouve une faute sur un site Microsoft, ils t'envoient un message privé sur LinkedIn et c'est sûr que ça va être corrigé.

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Soeren: Oui, des gens l'ont déjà fait sur LinkedIn. Oui,

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Stefano: T'aurais pas dû confirmer ma suggestion.

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Stefano: Non, tu vas être inondé. On continue. Alors, ce serait quoi ton conseil pour une boîte ou une équipe qui commence à se lancer dans la traduction de son contenu ? Comment devraient-ils s’y prendre en partant de zéro ? C'est quoi la première étape ?

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Soeren: Donc pour une équipe qui commence à traduire du contenu, je dirais vraiment de commencer à la source.

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Soeren: À quel point les gens qui créent le contenu pour toi comprennent les marchés internationaux ? Pour qui ils écrivent ? Et comme on [00:21:00] parlait de Microsoft Teams et de cette toute première version sur laquelle j’ai travaillé, j’ai passé beaucoup de temps avec les développeurs, beaucoup de temps avec les designers, simplement pour leur dire : « Hé, vous avez de très belles idées d’autocollants et vous ajoutez un emoji, mais parlons de ce qui pourrait être offensant selon les marchés, de ce qui pourrait ne pas fonctionner. »

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Soeren: Et parfois, tu as l’impression d’être le rabat-joie : « Hé, il faut penser à ceci, il faut penser à cela quand tu te lances sur des marchés internationaux. » Et c'est pareil même pour le texte, non ? Ce que tu traduis, à quel point est-ce adapté à la traduction ? Et je sais que ce n'est souvent pas ce que les gens qui te donnent tout ce contenu attendent de toi.

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Soeren: Ils disent, ok, maintenant va bosser là-dessus et reviens vers moi avec toutes tes différentes versions linguistiques. Puis on pourra le distribuer, mais toi tu dis plutôt, attends une seconde, on peut d'abord regarder ça ensemble ? Mais les équipes de rédaction ne savent pas forcément comment écrire pour le public, même en anglais.

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Soeren: Parce que, soyons honnêtes, il y a [00:22:00] souvent, si tu ne couvres pas beaucoup de langues, toujours des gens qui utilisent l’anglais comme deuxième langue, peut-être même comme troisième langue. Ces rédacteurs n'ont peut-être pas écrit pour eux, ils ont peut-être vraiment écrit spécifiquement pour leur public américain ou britannique. Donc avoir cette discussion, je pense que c'est un truc que les équipes de traduction, les équipes de localisation devraient toujours faire, en donnant juste quelques consignes simples. Pense juste à l'humour, par exemple. Et comme je le disais, tu ne veux pas jouer les rabat-joie s’ils ont un certain humour, mais laisse-les t’expliquer ce qu’ils cherchent à faire avec ces phrases particulièrement drôles, ces expressions idiomatiques.

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Soeren: Parce qu'après tu dois revenir en arrière et te demander, ok, comment on va gérer ça dans d'autres langues ? Est-ce qu'on veut garder ça ou est-ce qu'on adoucit un peu ? Et si on veut le garder, la prochaine étape pour l’équipe de traduction est de réfléchir aux indications supplémentaires qu’on peut donner à [00:23:00] nos traducteurs.

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Soeren: Est-ce qu’on a de la terminologie ? Tu peux toujours commencer très petit avec la terminologie, avec un simple glossaire. Tu n’as pas besoin d’une énorme solution de base de données. Ce qui est bien, c’est qu’il y a beaucoup d’outils dans le secteur des langues. En fait, quand j’ai commencé, Trados venait juste de sortir sa base terminologique.

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Soeren: Donc c'était encore assez nouveau. Ah, voilà à quel point je suis vieux. Et maintenant, tout ça est bien établi, non ? Et tu peux rapidement mettre en place une base terminologique. Donc il faut s'assurer que, et c'est aussi valable pour l'équipe de rédaction, tu pourrais avoir besoin de leur aide et pour eux aussi c'est utile s'ils connaissent la terminologie, mais ce n'est pas toujours le cas dans toutes les équipes.

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Soeren: Ça dépend vraiment du temps d’expérience qu’ils peuvent avoir. Et puis l'autre recommandation dont j'ai parlé, c'est clairement les guides de style. Si tu peux donner aux gens des informations supplémentaires, comme je le disais, par exemple s’il y a quelque chose d’humoristique, comment doivent-ils l’aborder en français ou en japonais [00:24:00] ? Pour certaines langues, on dira vraiment : « D’accord, peut-être qu’il faut simplement atténuer cela et rendre le ton plus professionnel », même si la version britannique d’origine est très drôle.

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Stefano: Tu viens de soulever un point génial parce que... Moi, en tant qu'italophone natif, on aime bien faire des paragraphes super longs avec plein de phrases toutes reliées, et il y a mille concepts dans une seule phrase parce que c'est une phrase entière juste avec des virgules, pas de point, rien de tout ça.

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Stefano: Et j'imagine même pas quand un anglophone doit traduire ce contenu. Ça va être la folie. Par exemple, beaucoup de concepts qui sont... Dans cette phrase vont forcément se perdre, ou alors la traduction va être très longue. Donc, j’apprécie vraiment tes suggestions de commencer par le contenu qu’on a [00:25:00] écrit.

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Stefano: Et essayer peut-être de simplifier un peu, de revoir en se disant, ok les gars, il faut qu'on lance ça sur différents marchés linguistiques. Mettons-nous d’accord sur ce qu’on essaie de dire ici pour être sûrs de pouvoir vraiment faire passer notre message. Donc ça, je pense que c'est l'un des conseils les plus puissants que j'ai entendus de la part de gens de l'industrie, parce que c'est super simple.

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Stefano: Tu peux le faire tout de suite, mais tout le monde l'oublie. Donc j'ai encore quelques questions. Je vais peut-être y venir. Celle que je trouve la plus intéressante. Est-ce que tu as fait des erreurs, ou connais-tu quelqu’un, peut-être dans tes équipes, qui a fait, sans citer de noms, une grosse erreur ? Est-ce que cette erreur vous a appris quelque chose, dont vous avez tiré une leçon, et tu veilleras à ne jamais refaire cette même erreur

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Soeren: encore.

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Soeren: Oh oui, franchement il y a tellement d'erreurs. Et je devrais pas salir la réputation de ma marque. [00:26:00] On les a toutes corrigées mais je pense que si tu bosses dans l'industrie linguistique, tu feras forcément des erreurs. J'essaie de penser à celles que je peux m'attribuer parce que je sais que chez Microsoft, par exemple, il y a des années, on a fait des erreurs où on montrait les mauvaises frontières entre les pays.

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Soeren: Et à partir de là, les gens ont pris conscience qu’il fallait faire très attention quand tu montres des cartes. Et maintenant, il y a des processus établis dans tout le secteur. Google, par exemple, si tu vas sur Google Maps et regardes des zones contestées, les affiche différemment.

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Soeren: Le Cachemire, par exemple, zone contestée entre l'Inde et le Pakistan, va s'afficher différemment si tu es au Pakistan, en Inde ou dans un pays "neutre", entre guillemets. Et donc Microsoft a vraiment géré cela sur le plan organisationnel, en voyant que pour certaines [00:27:00] choses, il faut vraiment une équipe qui conserve ces connaissances et ces pratiques.

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Soeren: Personnellement, ouais, j'ai bossé sur un programme, par exemple, tu as parlé de mon Little Book of Languages qui a justement évolué à partir de là. J’ai lancé beaucoup de langues chez Microsoft qu’on n’avait jamais proposées auparavant. Donc on a commencé avec le catalan à l’époque, au début des années 2000. Windows était disponible dans beaucoup de langues, je ne sais pas combien, peut-être 20 langues.

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Soeren: Et puis Microsoft a commencé à faire ça, c'était en gros comme une surcouche sur Windows, une version linguistique qui n'était localisée qu'à 20%, mais avec les trucs les plus importants. Donc c’était vraiment la règle du 80/20 : tu couvres beaucoup de choses que les gens utilisent, comme les paramètres, les paramètres importants, mais pas ce que les administrateurs d’un ordinateur utilisent surtout.

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Soeren: Et on a bossé avec toutes ces langues qu'on n'avait jamais traitées avant. Et c’est là que j’ai eu de nombreuses occasions de m’occuper de langues, notamment de l’ordre dans lequel tu lis ces langues dans un pays [00:28:00], parce que certaines langues peuvent avoir un statut différent des autres. Ouais, et c'est là qu'au final, j'ai juste eu envie de partager les infos sur toutes ces langues.

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Soeren: Il y avait plein de langues dont je n'avais aucune idée et je me suis dit, oh, c'est peut-être des infos intéressantes à partager avec les gens. Et j'envoie toujours un petit peu d'infos sur ces langues-là. Mais au final, ça a déclenché mon idée. Hé, je devrais juste écrire un truc sur les langues en général.

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Soeren: Mais ouais, c'est là aussi que j'ai appris quelles erreurs les gens peuvent faire quand ils ne savent pas utiliser les outils. Et j'en ai fait, ouais, je me souviens d'une de mes erreurs, c'était il y a des années, même avant que je commence à bosser chez Microsoft. Je me rappelle que pour le tout premier fichier HTML que j’ai localisé, à l’époque, j’utilisais un outil.

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Soeren: Qui ne séparait pas les balises du contenu. Et j'ai juste viré toutes les balises. J'étais là, genre, je sais pas ce que c'est ce truc. Et l'ingé à côté de moi m'a dit, mais qu'est-ce que tu fais là ? Et moi j'étais là, il y a tous ces machins là-dedans. Et [00:29:00] ouais. Il m'a dit, non, ça c'est vraiment nécessaire. Je pense que, oui, c’est probablement amusant de repenser à certaines de ces erreurs.

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Soeren: Et comme tu dis, c'est super important d'en tirer une leçon. Dans ce cas-là, j'ai juste appris à tout laisser dedans. Et aussi espérer avoir de meilleurs outils qui t'aident avec ça un jour. Parce que des années plus tard, en fait, j'ai eu un truc similaire où, dans ce petit programme linguistique sur lequel je bossais, on a fait du népalais et les traducteurs népalais, ils ont traduit.

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Soeren: On avait exposé des informations sur la taille que la police était censée avoir, le type de police, et ils ont tout traduit. Ils ont même converti les nombres dans leur système de chiffres local. Donc forcément... La page ne pouvait pas s'afficher correctement parce que le navigateur ne comprenait pas quoi en faire.

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Soeren: Je me suis dit : « Ah oui, en gros, ils ont fait la même chose que moi à l’époque. » Alors comment tu gères des erreurs comme ça, hein ? [00:30:00] Il y a plein de façons. Parfois tu prends juste ces leçons, tu les gardes avec toi et tu les appliques au bon moment. Mais...

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Soeren: Parfois t'as l'occasion de régler ça dans un outil. Aujourd'hui c'est vraiment difficile de virer toutes les balises si t'es un localisateur. Parce que ton outil de TAO ne te laissera pas faire ça. Et qui a envie de traduire dans un bloc-notes ? Parfois, c’est une question de processus : tu te dis simplement que les gens pourraient faire cette erreur.

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Soeren: Donc comment s’en assurer dans le processus ? Peut-être qu’il nous faut une étape de relecture supplémentaire pour ce point particulièrement délicat. Ouais, il y a tellement de domaines où tu peux réfléchir à des petites optimisations. J’ai eu ce cas-là, ce n’était pas mon erreur, enfin, peut-être que si, en y repensant. On avait le mot PIN tout seul et la moitié des gens, je crois qu’on traduisait à l’époque dans un peu plus de 20 langues, la moitié des traducteurs l’ont traduit comme « numéro d’identification personnel », parce qu’il était tout en majuscules, le PIN [00:31:00] que tu entres quelque part. Mais l’autre moitié l’a traduit comme le verbe anglais « to pin », épingler quelque chose sur quelque chose.

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Soeren: Je pouvais pas leur en vouloir. Ce n'était vraiment pas clair dans le contexte et on s'est dit, ah, il nous faut peut-être plus de commentaires des développeurs pour les mots compliqués. Et à l’époque, on a développé un processus automatisé qui ajoutait des commentaires pour les développeurs. Si jamais ils n'avaient pas mis de commentaire, ça disait "merci d'expliquer les mots ambigus".

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Soeren: Et on avait cette liste de mots. Peu importe, ou si quelqu’un mettait simplement un seul mot dans une chaîne de texte, cela disait automatiquement : « Hé, peux-tu ajouter un commentaire expliquant précisément comment ce mot est utilisé, pour que les traducteurs le comprennent ? » Donc ouais, parfois tu peux, même si c'est... Entre l’outil et le processus, tu vois ?

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Soeren: Tu peux instaurer un truc. On se dit, ok la prochaine fois, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour éviter une erreur similaire ? Comment on peut s'assurer que ça n'arrive plus ? Mais ouais, il y a tellement d'erreurs dont j'ai tiré des leçons. Comme tu le dis, j’ai de l’expérience. Et cette expérience vient [00:32:00] autant des choses qui se sont bien passées que de celles qui se sont mal passées : « Oh, peut-on faire ça autrement ? »

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Soeren: La prochaine fois.

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Stefano: Ouais, il y a toujours une prochaine fois, non ? Espérons-le. Donc le dernier sujet que je voulais aborder, c'est que tu bosses chez Microsoft, et en ce moment, le grand mot, c'est l'IA. Alors, qu'est-ce que tu penses de l'IA ? Tu l'utilises ? C'est quoi l'impact que

Soeren: tu vois ? Ouais, je veux être précis, parce que ce qu’on voit en ce moment, ou depuis un peu plus d’un an, c’est en gros avec ChatGPT 3.

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Soeren: 5 qui est sorti, c'était les grands modèles de langage parce que l'industrie linguistique bosse avec l'IA depuis longtemps, non ? La traduction automatique, les différentes versions deviennent de plus en plus importantes. Donc l'IA générative, oui je l'utilise beaucoup. C'est ça qui est cool. J'ai un abonnement à ChatGPT et je fais pas de pub, mais je trouve ça super utile.

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Soeren: Et puis Microsoft travaille à intégrer les grands modèles de langage dans [00:33:00] ses produits, ce que je trouve très utile. Donc il y a des choses pour lesquelles je trouve cela très utile, notamment la peur de la page blanche. En décembre, je me suis posé, je me suis dit, ok, faut que je planifie les six prochains mois.

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Soeren: Et vraiment, j'ai juste mis un prompt, j'ai demandé au prompt : tu peux me rédiger un document pour planifier les six prochains mois avec quelques éléments dedans ? Et ça m'a sorti un super long document, structuré avec plein de blabla. Bien sûr, je pouvais pas l'utiliser tel quel. Mais ensuite, remplir ce cadre, c'était super facile pour moi, genre ok, j'ai une structure, même si elle était pas parfaite, au moins ça te lance.

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Soeren: Et c'est là que ça peut vraiment, vraiment aider. En gros, juste pour créer du texte dont j'ai besoin. Je rédige pas vraiment beaucoup d'emails comme ça. C’est plutôt, parfois je fais cela [00:34:00] à titre personnel. Genre, quand je dois écrire un mail à un des profs de mes enfants, juste un de ces mails standards avec du blabla ou genre "au plaisir de..."

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Soeren: te rencontrer à la réunion parents-profs, écris-moi juste un mail parce qu'il y a plein de textes tout faits qu'on utilise dans la vie de tous les jours, non ? Si c'est vraiment un truc comme ça, je me dis, autant le faire. Et bien sûr, je relis ces textes. Il faut toujours un humain dans la boucle. Donc il y a clairement des domaines où je l'utilise pas mal.

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Soeren: Et comme Microsoft sort de plus en plus de produits avec ça. Teams, par exemple, pour reparler de Teams, si ta réunion est transcrite, ça peut aussi générer un résumé de réunion. Ça peut faire le compte-rendu de la réunion, et je trouve ça génial parce que si je mène une réunion, j'ai pas envie de prendre des notes en même temps, tu vois ?

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Soeren: J'ai envie de participer à la discussion tout en la dirigeant, en fait. Donc est-ce que je désigne un de mes collègues, alors que tout le monde est là pour discuter ? Est-ce que je dois vraiment [00:35:00] reléguer une personne à la prise de notes ? Et bien sûr, les notes doivent être relues. Ce n’est pas parfait, mais il y a beaucoup d’applications où cela peut être très utile et faire un travail qui, autrement, pourrait être vraiment fastidieux pour le secteur des langues en général.

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Soeren: J'ai l'impression qu'il y a tellement de trucs. Et je sais qu'il y a des développeurs d'outils qui bossent dessus. En fait, j'enseigne aussi la localisation. Donc dans un de mes cours, j'avais ce petit exercice d'extraction de terminologie et je me suis dit, tiens, je devrais essayer ça avec un grand modèle de langage, ça devrait pouvoir le faire, non ?

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Soeren: Et j'ai testé. Et je me suis dit : « Ah oui, c’est probablement une des applications où tu demandes simplement d’extraire quelques termes importants d’un long texte. » Et comme toujours, faut prendre ça avec des pincettes, hein ? Tu dois affiner ça. Tu auras probablement besoin de voir quel serait le meilleur prompt pour cela.

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Soeren: Du coup, il y a plein de choses à faire pour que ça marche régulièrement. Je pense aussi que tu peux [00:36:00] l’utiliser pour la traduction. Tu peux aussi t'en servir pour créer du texte en parallèle. Tout n'a pas besoin d'être traduit, non ? Tu pourrais aussi dire. Si tu as une rubrique d’aide vraiment claire, pourquoi ne pas simplement demander de la réécrire en français ? Évidemment, il faut comprendre à quel point les modèles sont bons dans ces différentes langues.

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Soeren: Et il y a des langues pour lesquelles il n'y a vraiment pas encore de bons modèles. Et tu devras vérifier l'exactitude. Et c'est un truc que j'ai aussi testé, où je me suis retrouvé avec ChatGPT 3.5. Je lui ai simplement demandé de... Rédiger une biographie d’un auteur pas très connu que je connaissais, et il a tout inventé.

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Soeren: Ensuite, ChatGPT 4 était bien meilleur, mais ça m'a appris qu'il faut vraiment faire gaffe à l'exactitude, même si ça peut être bon. Au final, c'est l'autocomplétion la plus puissante du monde. C'est ça, un grand modèle de langage, non ? En gros, c’est...

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Soeren: Trouver [00:37:00] ce qui devrait venir ensuite dans un texte. Et pour certaines choses, ça peut très bien le faire. J’ai même fait des recettes avec des grands modèles de langage. Et puis, comme les recettes suivent toujours le même format, non ? Et il ne te dirait jamais de prendre du riz, de la viande et des oursons gélifiés, parce qu’il n’y a probablement pas beaucoup de recettes dans ses données d’entraînement avec cette combinaison.

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Soeren: Et jusqu'ici, toutes les recettes ont bien marché, ma famille n'a pas râlé. Quelque chose de cuisiné à partir de ChatGPT.

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Stefano: Ouais, ta famille n'est pas italienne. Nous, on va râler pour une recette écrite par une IA.

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Soeren: Essaie pour voir. Regarde ce que ça propose. J'ai trouvé une recette, Edward. Et comme je disais, il faut quand même un humain dans la boucle, non ?

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Soeren: Quelqu'un doit jeter un œil et dire "attends une seconde". Ça a l'air d'être beaucoup trop de sel et beaucoup trop de poivre. Et mettre ça dedans. Ouais, mais je pense qu’il y en aura beaucoup. Il y a déjà des applications dans le secteur, mais je pense que tous ceux qui travaillent dans le secteur des langues devraient regarder [00:38:00] les grands modèles de langage et simplement explorer ce qui...

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Soeren: ce qui est disponible, et essayer de réfléchir à la façon dont on pourrait utiliser cela, même dans un processus de traduction, non ? J’ai même essayé de m’en servir pour réécrire des textes ou faire de la révision approfondie. Je lui ai donné un texte très méchant et demandé : « Vérifie si ce texte est inclusif. » Il l’a entièrement réécrit parce qu’il ne l’était pas du tout.

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Soeren: Mais je veux juste savoir, est-ce que ça marche, tu vois ? Il y a tellement d'applications. Faut juste savoir ce que tu veux en tirer. Et ensuite bien comprendre comment écrire un bon prompt. Et tout ça. Plein de gens apprennent comment bien faire des prompts pour les grands modèles de langage.

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Soeren: Donc commence par là et teste un peu. Et ouais, il se passe plein de choses en général. Essaie aussi de voir ce que font les autres, ça peut inspirer. Donc

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Stefano: en gros, soit tu évolues, soit tu te fais [00:39:00] remplacer,

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Soeren: Ouais. Il y a beaucoup de discussions sur le fait que les traducteurs vont être remplacés ou que les rédacteurs pourraient l'être aussi.

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Soeren: Je pense que les gens avaient déjà peur que les traducteurs soient remplacés quand les outils TAO sont arrivés, ils se disaient "tout va être recyclé". Non. Et dans certains domaines, il y a eu moins de réutilisation parce que les gens se lassaient de textes qui semblaient trop standardisés, tu vois ? Quand je parlais d'humour, beaucoup de textes sont bien plus drôles maintenant, et il faut plus d'expertise pour ça.

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Soeren: Mais tu sais, l'humour c'est aussi un vrai défi pour la traduction automatique, et c'est aussi compliqué pour les grands modèles de langage de trouver un truc vraiment drôle qui marche. Donc je pense que les gens ne seront pas remplacés si vite que ça. Ils devront peut-être modifier une partie de leur travail, non ?

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Soeren: Mais je pense que, chaque fois qu’on a un nouvel outil, ce sont généralement les tâches les plus fastidieuses qui sont remplacées. Et ouais, comme j'ai dit, genre moi... Je n’écrirais pas un [00:40:00] e-mail où j’ai quelque chose de vraiment personnel à exprimer avec un grand modèle de langage. Comme j'ai dit, je fais ça pour les trucs standards où j'ai même pas envie d'écrire le texte moi-même à la base.

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Soeren: Je me dis : « Oui, c’est en gros du blabla, ou quelque chose dont j’ai besoin. » Sinon, je l’aurais probablement cherché sur Internet. Genre, comment tu écris un texte comme ça, ça m'aide, et j'ai pas peur. Que l’IA remplacera les gens dans tous les domaines.

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Stefano: Ouais, je trouve le dilemme juridique intéressant, surtout dans les langues, parce que, par exemple, si tu conduis une voiture, en fait ce n’est pas toi qui conduis, c’est l’IA, et tu as un accident.

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Stefano: Est-ce que c'est ta faute ? Donc ça ouvre la porte à se demander, dans la traduction linguistique, si l'IA fait une erreur et que Microsoft, par exemple, publie cette erreur, à qui la faute ? C'est à quelle entité ? C'est Microsoft ou c'est l'IA ? J’ai le sentiment que [00:41:00] les humains ne seront pas remplacés, parce qu’on veut qu’un humain dise : « Oui, je valide cela. »

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Stefano: Peut-être qu'on va un peu trop loin dans le délire de nerds là. Soeren, je pense que tu dois peut-être aller travailler et commencer ta journée. Donc je veux pas te retenir ici. On ne veut pas te retenir trop longtemps, mais j’étais... Pour nous c'était une conversation super intéressante et j'espère que tu t'es bien amusé. Tu t'es bien amusé.

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Stefano: Oh ouais. Et peut-être qu'on pourra refaire ça à l'avenir. Si tes chats t’aiment,

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Soeren: En fait, j'ai dû nourrir les chats vite fait avant. Avant que l’appel commence, un peu plus tôt que leur heure de repas habituelle, sinon ils auraient râlé. Tu les aurais entendus. Et malgré tout ça, c'est aussi de l'IA, non ?

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Soeren: Les gens ne s’en rendent pas compte, mais le filtrage du bruit que tu as dans Zoom ou Teams... Le fait que tu n'entendes pas tous les bruits de fond, c'est une super utilisation de l'IA. Est-ce qu'on en avait besoin ? Absolument. Je pense que cela n’a [00:42:00] remplacé personne. Y'avait personne pour faire taire les bruits de fond à ta place.

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Soeren: Il y a tellement d'applications où je me dis, ouais, ça rend juste la vie plus simple. Donc je suis optimiste à propos de l'IA. Je suis très enthousiaste à l’idée de toutes les possibilités. Qui vont arriver, parce que comme j'ai dit, je pense que notre principal défi c'est de combler ce fameux fossé. Et comme tu disais, les humains aiment aussi parler à d'autres humains, au final il faut garder des humains dans la boucle.

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Soeren: Ouais, je pense pas que les gens dans l'industrie linguistique puissent vraiment être remplacés. Il faut des experts qui font le lien entre les cultures, les langues, les marchés, qui en comprennent deux ou même plus, et qui peuvent s'assurer que tout fonctionne à travers ces différences. Je pense qu'on a plein de boulot passionnant devant nous.

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Soeren: Très optimiste. Ouais.

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Stefano: J’adore ton optimisme, ta façon optimiste de voir les choses. Bon, je pense qu'on peut conclure la conversation ici. Merci beaucoup. Et passe une bonne journée. Désolé. Ouais. Très content de t'avoir rencontré.

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Soeren: Prends soin de toi. [00:43:00] Merci. Salut

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Stefano: salut. On se reparle bientôt. Salut salut.

Optimise ton processus de traduction sans aucune interruption. Découvre comment.

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